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Sira et le sorcier : conte africain

Rédigé par Rama Gschwind

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Publié le 31 octobre 2019

Il était une fois dans la savane de l'Ouest africain, une belle fille. Elle s’appelait Sira. Sira était belle comme l’aurore. Elle avait les dents blanches, comme du coton au soleil. Sira avait un cou droit, une poitrine bien dégagée. Les perles qu’elle portait autour de ses reins chantaient et louangeaient sa beauté et son charme.

Quand Sira était enfant, elle avait un ami répondant au nom de Bani. Ils avaient grandi ensemble et étaient les meilleurs amis du monde. Les habitants du village les appelaient mari et femme. Il s’était même tissé une certaine connivence entre les deux familles.

Les deux enfants s’étaient aimés et lorsqu’ils sont devenus grands, tout le monde au village a réalisé qu'il était temps de les marier. Les noces furent célébrées avec la bénédiction des parents.

Cependant, une personne du village ne voyait pas ce mariage de bonne augure ; jaloux de ce jeune et beau couple. Tura, qui est un grand sorcier. Son compagnon étant Satan (lui-même). Tura était toujours survolé par le vautour à la couronne blanche. Il avait toujours les yeux rouges et ne dormait jamais le jour.

Lorsque les noces furent célébrées, Tura entra en action. Sira eu, durant la nuit de noces, de terribles maux de tête. La deuxième nuit, les maux de tête persistaient ainsi que la troisième et la quatrième nuit. A la cinquième nuit, aux maux de tête virulents s’ajoutèrent d'abominables maux de ventre que Sira pouvaient ressentir jusque dans le dos et dans ses hanches.

Elle transpirait, criait, pleurait, souffrait. Sira fit appeler sa mère et lui dit :

- Mère, peux-tu m’aider à trouver un remède à mes maux ?

- Ma fille, je vais réunir tous les marabouts et sorciers de notre contrée. Si je dois y mettre toutes mes économies, je le ferai pour toi mon unique enfant chérie.

- Maman, la famille de mon mari commence à perdre patience, je te prie de sauver mon amour et mon mariage.

- Je le ferai, mon enfant, et s’il le faut, je sacrifierai ma personne pour lever ce malheur qui te frappe.

La mère de Sira réunit alors tous les marabouts et sacrifia la quasi totalité de son troupeau de bovins. L’opération ne fut couronnée d’aucun succès. Elle recommença encore et encore... quatre fois. Rien.

Sira la fit rappeler encore. Ses douleurs persistaient. Elle était devenue très maigre et avait perdu tout son charme à cause de la maladie. Ses belles sœurs avaient commencé, contre elle, une vaste campagne de dénigrement. "Quelle est cette quenouille qui est toujours couchée sur son lit de mort ?"

Une semaine plus tard, la famille du marié envoya le griot en le chargeant de faire annuler le mariage de Sira et Bani. Le mariage n’était pas consommé, la famille de Sira était tenue de rembourser les frais prévus à cet effet.

Sira fut emportée la même nuit, comme un bébé à califourchon, dans la case de la mère. Elles pleuraient toute la nuit ensemble. Sira jura alors d’épouser l’homme qui la guérira de ses maux. Sa mère lui répondit :

- Ma fille, j’ai dépensé toute ma fortune pour ton bonheur. Je le jure sur mes ancêtres que tu épouseras l’homme que tu aimes.

La nouvelle du divorce annoncée, Tura le sorcier se présenta très tôt le matin devant la case de la mère de Sira. On sentit sa présence à cause de son odeur nauséabonde et du vol des vautours. Il rassura la mère et la fille de ses bonnes intentions de mariage et de la recherche du bonheur de Sira. La mère lui dit :

- Ma fille est malade, détruite et elle ne peut même pas se tenir debout.

- Ce n’est pas un problème, dit le sorcier, je le règle en trois jours sinon je quitte ce village et vous n’entendrez plus jamais parler de moi.

Sira qui entendait la conversation du fond de la case, avait déjà pris sa décision.

- Mère, j'épouserai cet homme s’il me guérit.

La mère, qui n’était pas d’accord, accepta mais ne baissa pas les bras. Aussitôt que le sorcier eut commencé le traitement, la mère couru voir son frère et lui dit :

- Mon unique bébé doit épouser cet homme crapuleux. Je te prie de faire quelque chose.

- Ma sœur, dit l’oncle, que la volonté des ancêtres soit faite. Jamais notre famille n’a fait du mal à personne, que cela nous soit reconnu.

Sira fut guérit par le sorcier Tura qui annonça leur mariage en grandes pompes.

Le jour du mariage arriva. On ne vit aucun vautour dans le ciel et il y eut une grande tornade qui chassa tous les convives. Le sorcier piqua une vive colère se retira au fond de sa case et dormit. Lorsqu’il se réveilla, le soleil était au zénith. Il bondit de sa case, aucun vautour.

Sira était là, assise entourée de quelques vieilles femmes qui survivaient grâce aux nombreuses cérémonies de mariages, baptêmes et funérailles. La nuit tombée, Tura se précipita au fond de la case pour consommer son mariage. Lorsque la jeune épouse fut déposée dans son lit, il se précipita, se déshabillait et voulu tout de suite la consommer. Mais, il constata sur le champ, qu’il n’avait rien entre les jambes. Il s’étonna, réactiva le feu qui éclairait la case. C’est ainsi que Sira se rendit compte que son mari, n’avait rien entre les jambes. Elle tenta de lui tenir des propos rassurants mais il ne voulait rien savoir. Il la traita de sorcière et jura de se venger. Sur le champ, il la répudia et quitta le village dans la même nuit.

Sira ainsi guérie épousa à nouveau Bani et ils eurent de beaux enfants.